Chronique BD: Iréna # 2
Écrit par Phylact   
Lundi, 17 Avril 2017 11:13
Les justes
♥ Coup de coeur ♥


Série: Iréna #2
Auteurs: David Evrard, Jean-Philippe Morvan, Séverine Trafouël, Walter Pezzali
Editeur BD: Glenat

Une chronique BD: Génération BD
 

Irena a lancé une affaire qui roule : les enfants sont clandestinement  évacués du ghetto de Varsovie et confiés à des personnes de confiance. Toute une équipe s’affaire pour mener à bien ce projet : des collègues de travail et des amis d’Iréna, des personnes au sein du ghetto et même des personnes qui peuvent être « sponsor » de l’opération. 

Une vaste chaîne de solidarité est née et tous les stratagèmes sont bons pour passer les enfants au nez et à la barbe des Allemands. Un subterfuge souvent utilisé est de faire boire un petit coup d’alcool au bébé pour qu’ils dorment pendant le trajet et n’éveillent pas l’attention.

Les choses  se gâtent lorsqu’un Allemand prend conscience de ce stratagème. Heureusement pour Iréna et ses complices, il est plus vénal qu’idéaliste et une somme d’argent suffit à acheter son silence. Après avoir sauvé plus de 650 enfants, Iréna rejoint un groupe clandestin, Zegota, dont l’objectif est d’aider la population juive.

Les choses se gâtent alors réellement lorsque Héléna, l’amie d’Iréna, est arrêtée. Ensuite, c’est au tour d’Iréna elle-même. Alors qu’elle et plusieurs autres femmes sont envoyées à la mort, elle réussit à s’en tirer grâce au soutien d’un Allemand corrompu (celui qui avait déjà négocié son silence). Elle est à nouveau libre mais pour combien de temps ?



David Evrard nous avait habitués à des bandes dessinées plus légères. Qui n’a pas lu quelques page de Max et Bouzouki ?

Pourtant, en s’attelant à décrire la vie d’Iréna dont l’héroïsme n’est pas sans rappeler le film « la vie de Schindler », il aborde un thème beaucoup plus grave et noir.

On est dès lors frappé entre la dichotomie du trait insouciant d’Evrard, propre à des bandes dessinées de type humoristiques, et la gravité des propos qui parle de nazisme, de tortures, d’élimination d’une population.

Le trait d’Evrard se fait alors plus dur mais garde néanmoins une certaine légèreté. Ce qui le rend finalement plus proche du thème « La vie est belle » avec Roberto Begini que de la liste de Schindler. Cela permet aussi au lecteur trop sensible de rester captivé malgré la dureté du propos.

Vous l’aurez compris, Iréna fait partie de ces perles rares en BD qui transmettent un message tout en nuances, presque de manière poétique sur un thème qui ne l’est pas du tout. Elle nous rappelle de manière salutaire l’horreur de la guerre et des exactions commises par des personnes qui  avaient perdu toute humanité.

En se montrant fidèle à ses principes de tolérance et de solidarité, Iréna rappelle que croire en ses valeurs rend bien plus fort que toute propagande ou mouvement de repli sur soi et cela mérite amplement un coup de cœur !

Mise à jour le Lundi, 17 Avril 2017 09:16
 
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